Les voix de la radio marocaine <br /> أصوات الراديو المغربي

Portraits réalisé par Par Dounia Hadni et publié dans le HuffPost Maroc le 22/03/2015

RADIO – Momo, Sanae Zaim, Doc Samad, Youssef Zeghari, Rachid El Idrissi, Lino Bacco. Leur nom ne vous est pas forcément familier mais leur voix l’est. Comment se sont-ils passionnés pour la radio? Quel est leur meilleur et leur pire souvenir à l’antenne? Ils se dévoilent pour le HuffPost Maroc.

Lino Bacco

Lino-Bacco-Radio-marsLino Bacco est un de ceux qui ont lancé Radio Mars en décembre 2009. L’animateur féru de football et populaire sur les réseaux sociaux. Italien d’origine mais marocain aussi dans l’âme, il est connu pour son émission vedette « Mars Attack », diffusée tous les lundis de 8h à 9h, avec la participation d’Amine Rahmouni, Belaid, Bouimid et Aziz Daouda.

HuffPost Maroc: Comment vous est venue votre passion pour la radio?

Lino Bacco: Je suis épris de sport depuis le siècle dernier. C’est Daniel Pillard qui m’a donné ma première leçon de journalisme. Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un dimanche soir, et comme tous les dimanches soir dans une rédaction sportive, c’était le feu. Daniel Pillard m’a dit « Tu veux faire du journalisme mon petit? » Et c’est parti… Ma première radio, c’était dans les années 70, je viens de la presse écrite et de la télévision.

Quel est votre meilleur souvenir?

La conception de Radio Mars avec Hicham El Khlifi, en mettant à l’honneur les « opinionistas » (chroniqueurs et consultants sportifs). Un autre souvenir fantastique: quand on a réussi à intercepter Blatter, le président de la Fifa, alors qu’on était en direct de Marrakech. Dès que je l’ai aperçu, j’ai dit « Blatter est avec nous en direct », du coup il ne pouvait pas se défiler. Résultat inespéré: on l’a eu sur les ondes pendant 15 minutes!

Quel est votre pire souvenir?

La malheureuse déclaration du cinéaste Hicham Ayouch, sur nos ondes, qui en guise de réponse à une question sur ses projets futurs fin 2010, a déclaré: « Devenir président de la République du Maroc ». Conséquences: radio sanctionnée, interdit d’antenne durant 48h. Alors qu’on était une radio jeune… C’est le genre d’accident qui arrive une fois par siècle et ça nous est arrivé.

Sanae Zaim

Sanae-Zaim-radio-aswatQui ne connait pas la voix douce et suave de Sanae Zaim? Sur Aswat, après avoir rencontré un franc succès avec son émission phare « Yaoumiat Ouled l’bled », elle refuse de se reposer sur ses lauriers et vaque à la recherche, toujours, de nouveaux concepts. Le dernier en date? « Hdith ou mezghzel m3a Sanae Zaim”, qui passe du lundi au vendredi à 10h.

Avec plus de 50.000 fans sur son compte Facebook, sa voix résonne. Loin de se revendiquer comme féministe, elle n’en a pas moins une véritable influence sur les femmes qui l’écoutent parler santé, cuisine, vie de couple, sexualité…

« Quand on fait de la radio, on apprend à écouter mais on devient aussi un peu bavard », signale-t-elle.

HuffPost Maroc: Comment vous est venue votre passion pour la radio?

Sanae Zaim: Je n’ai jamais pensé à faire de la radio. Aujourd’hui, je suis animatrice de l’émission « Hdith ou Meghzel » (parmi le top 3 des émissions les plus écoutées par les femmes) et directrice des programmes à Radio Aswat. J’avais commencé par faire de la télé pendant 5 ans sur 2M. Après une année sabbatique, mon mari m’a parlé de la radio. C’était pendant la première vague de libération des ondes, en 2006. Il avait vu une annonce passée par Aswat et a pensé à moi. Je me suis dit « why not! ». C’est comme ça que j’ai commencé, avec mon projet d’émission « Ouled lbled ». Un talk sociétal quotidien qui contribue à libérer la parole.

Quels sont vos animateurs radio de référence?

C’est Ruquier à la sauce d' »On n’est pas couché », c’est aussi « Tout le monde en parle ». Dans mon émission j’ai toujours été vigilante à diversifier mes invités. Par exemple, à avoir un Benkirane, une chanteuse et un sportif ou encore un jeune rappeur et une jeune de la vie associative. Au Maroc, mon émission était avant-gardiste en ce sens.

Depuis 2 ans, dans la même veine, j’anime « Hdith ou meghzel ». Vous savez, « lblya » comme on dit, ça vous prend très vite dans ce métier. Le direct, ça procure une sensation extraordinaire, aussi car les gens gèrent leur emploi du temps en fonction de ce rendez-vous que vous leur donnez au quotidien. Aujourd’hui, des femmes auditrices me disent que je suis « leur soeur, leur copine, leur confidente »… Quel bonheur et surtout quelle responsabilité!

Quel est votre meilleur souvenir?

Je garde de très bons souvenirs de toutes les fois où j’apporte une solution à une auditrice pour résoudre ses problèmes. Je me sens utile à ces moments-là et c’est ce que je kiffe grave! Lhamdoullah. Et recevoir les « dou3aa »(prières) de mes auditrices aussi.

Quel est votre pire souvenir?

Quand j’ai pété un plomb à l’antenne alors que j’étais au bout du fil avec Oum Aya, une auditrice de Radio Aswat, en février 2013. La pauvre femme se faisait battre depuis 15 ans pas son mari, devant ses beaux frères qui se moquaient d’elle. J’ai encore la chair de poule quand je me remémore sa voix anéantie. Je suis tombée des nues devant cette femme qui rejetait toutes nos propositions et conseils tant elle était désespérée. À ce moment-là, j’ai eu très peur qu’à force de trop vulgariser des sujets comme la violence contre les femmes, on participe à leur banalisation.

Momo

Momo-mohamed-bousfiha-Hit-radioOn ne présente plus le Morning de Momo tant les auditeurs sont habitués à se réveiller tous les matins avec l’émission de l’animateur de Hit Radio.
Récemment, à l’occasion de la journée de la femme, Momo s’est improvisé mi-femme mi-homme à la Une de Citadine, faisant le buzz. D’ailleurs, Gad El Maleh ayant apprécié la couv’ a gratifié Momo d’un tweet.

Sa page « officielle » compte plus de 570.000 fans. Parmi ses moments marquants à la radio: le portrait chinois de Jamel Debbouze et celui de Gad El Maleh.

HuffPost Maroc: Comment vous est venue votre passion pour la radio?

Momo: Quand j’étais petit, j’écoutais tout le temps la radio avec ma mère en voiture. Je trouve que la radio est le médium qui impose le plus de crédibilité et de confiance.

Quels sont vos animateurs radio de référence?

Je n’ai pas vraiment d’animateur de référence. Je puise mon inspiration un peu chez tout le monde. Ceci dit, j’apprécie Cauet et des animateurs de talk shows aux Etats-Unis.

Quel est votre meilleur souvenir?

Mon premier direct. Je m’en souviens comme si c’était hier… C’était en 2007, sur Hit Radio, pendant les dédicaces.
Ce que je désire le plus? Durer avec le Morning de Momo que j’anime depuis 2009. Pour moi, faire de la radio c’est un vrai marathon!

Quel est votre pire souvenir?

Mon pire moment à l’antenne, c’était au cours de la libre antenne justement. Alors qu’une auditrice au bout du fil racontait qu’elle était harcelée dans la rue, le bruit d’une gifle a retenti avant que la communication soit coupée. J’étais tétanisé. Heureusement, on a appris ensuite qu’elle avait été sauvée.

Youssef Zeghari

Youssef-Zeghari-radio-atlanticLe chroniqueur sur Atlantic Radio qui anime « Disque d’Or », une émission musicale diffusée les dimanches de 10h30 à midi, respire la musique du matin au soir et transmet sa culture musicale avec passion à ses auditeurs.

HuffPost Maroc: Comment vous est venue votre passion pour la radio?

Youssef Zeghari: J’ai toujours été passionné de musique mais la radio est venue sur le tard grâce à celle qui est devenue ma femme. Un jour, je partageais avec elle des anecdotes sur ces musiques qui passaient en boucle. À ce moment là, elle m’a poussé à faire de la radio.

Quels sont vos animateurs radio de référence?

Même si je n’ai pas grandi avec eux, des animateurs radio américains m’on fasciné par leur histoire. En revanche, quelqu’un comme Halimi Hafid m’a accompagné tout au long de ma jeunesse. C’est lui qui a développé la musique ici, au Maroc. Philippe Manoeuvre aussi fait partie de mes mentors radiophoniques (le rédacteur en chef de « Rock & folk »). Dans son émission sur wi-fm: « L’excessive vinyl session », il racontait l’histoire de la musique.

Quel est votre meilleur souvenir?

Quelques directs avec Amine Boushaba en direct du festival de Mawazine.

Quel est votre pire souvenir?

Un acte manqué ou plutôt un rendez-vous manqué. C’était durant Jazz au Chellah, on avait délocalisé l’émission au restaurant Le Pietri avec de nombreux artistes, des pointures du jazz, pour deux heures de direct. Mais une coupure internet a tout interrompu. Je me souviens d’une grande frustration.

Rachid El Idrissi

Rachid-El-Idrissi-radio-aswatRachid El Idrissi est très présent sur les réseaux sociaux. Son compte twitter compte plus de 26.000 followers et son compte Facebook plus de 488.000 fans. L’animateur et producteur TV et radio a fait ses armes à la télévision avant de trouver sa voix/voie à radio Aswat. Il a prêté son timbre de crooner à la voix off de la première émission de téléréalité au Maroc, « Al Kadam Addahabi. » Avec « Lalla Laaroussa », en prime, Rachid El Idrissi devient l’un des animateurs les plus appréciées du paysage audiovisuel. Du lundi au vendredi, de 21h15 à minuit, il anime la soirée de ses auditeurs avec « Maak Rachid ».

HuffPost Maroc: Comment vous est venue votre passion pour la radio?

Rachid El Idrissi: Quand j’avais 7 ans, après l’école, je me précipitais à la maison pour écouter la radio. J’étais totalement fasciné même si je ne comprenais pas grand chose. Je croyais que les voix étaient dans l’appareil.

Quel est votre meilleur souvenir?

Disco Night avec Aziz Chihal…

Quel est votre pire souvenir?

Un retard! L’angoisse pour tout journaliste radio. J’étais bloqué dans les bouchons. Du coup, j’ai dû démarrer l’émission, en direct, au téléphone…

Doc Samad

doc-samad-Hit-radioDoc Samad est un psychiatre et sexologue de formation qui donne des conseils à la radio. Du dimanche au jeudi soir, le Doc donne rendez-vous à ses auditeurs sur les ondes dans son émission « On t’écoute » pour parler librement de sexualité. Avec plus de 100.000 fans sur sa page Facebook, Doc Samad est -so- populaire. L’animateur vedette d’Hit Radio n’est pas pour autant à l’abri du scandale puisqu’il a été récemment accusé de plagiat par la podcasteuse française Solange.

HuffPost Maroc: Comment vous est venue votre passion pour la radio?

Doc Samad: J’ai eu envie de faire de la radio après avoir été lauréat de la Star Académie au Liban. Comme ça n’a pas marché pour moi dans la chanson et que j’adorais le micro, je me suis tourné vers la radio. À l’époque, j’étais en 6ème année de médecine. J’ai eu la chance, de fil en aiguille, de mêler mes deux passions: la médecine et la voix. L’aventure radio a démarré pour moi en 2010 quand j’ai été repéré lors d’une libre antenne à l’invitation de Momo pour parler du VIH…

Quels sont vos animateurs radio de référence?

Ce serait un animateur virtuel qui réunirait plein d’autres: Difoul, Jaques Chancel, Vincent Perrault, Momo, Imad Qotbi, Rachid Hallaouy.

Quel est votre meilleur souvenir?

Le bad trip avec un co-animateur qui s’est transformé en fou rire, au sujet d’une boisson énergétique. Je ne savais pas en tant que médecin si je pouvais parler de ses effets sur la santé sans être taxé d’en faire la publicité.

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  1. DAMI ABDELLAH on 7 avril 2015

    ما فيديكمش كاملين