Soumaya Naamane Guessous victime d’un guet-apens En direct sur Chada FM (Vidéo)

C’est en direct sur les ondes de Chada FM que la sociologue Soumaya Naamane Guessous s’est fait « attaquer » par un animateur de la radio, sur la défensive, et un Cheikh Mohamed Fizazi plus remonté que jamais. En effet, ce qui devait être un débat constructif à l’origine s’est avéré un règlement de comptes préparé en coulisses.

Pas de mea culpa pour Chada FM. Attaquée par la presse nationale et l’opinion publique après plusieurs propos polémiques tenus par Cheikh Abderrahmane Sekkache lors de l’émission religieuse « Dine wa Dounia », la radio a visiblement préféré camper sur ses positions. Pire, la sociologue et « lanceuse d’alerte », Soumaya Naamane Guessous, a été invitée dans le cadre d’un débat qui s’est vite transformé en règlement de comptes.

Ainsi, d’entrée de jeu, l’animateur a commenté ironiquement le premier écrit – de la sociologue – à l’origine de la controverse. « Vous avez alerté plusieurs ministères suite à votre désaccord avec les propos tenus lors de notre émission religieuse… il ne vous restait plus qu’à appeler le ministère de l’Intérieur !». Tout en assurant la convive que l’invitation était une preuve d’ouverture pour un débat démocratique et constructif, l’animateur n’a pas manqué de lui reprocher d’avoir communiqué ses objections sur les réseaux sociaux et de minimiser le nombre de partages de la missive : « 70.000 partages, ce n’est pas un million ou deux ! », en référence au nombre d’auditeurs de la radio. Le ton est donné.

« J’ai accepté l’invitation de Chada FM tout en sachant que le choix de Monsieur Fizazi n’était pas dû au hasard mais plutôt un règlement de comptes», témoigne sur sa page Facebook la sociologue. « Mohamed Fizazi était là pour me détruire et me décrédibiliser aux yeux de l’opinion publique, innocenter le Fquih (Abderrahmane Sekkache, NDLR) que je dénonce, un bon musulman, victime d’une mécréante dévergondée », poursuit-elle.

L’échange, musclé, fût d’une violence inouïe et l’animateur, spectateur des attaques personnelles sur la sociologue, n’est que très rarement intervenu pour apaiser le « débat ».

« L’agressivité du Fquih s’est transformée en attaques touchant non pas mes idées mais ma personne, ma foi, ma dignité, mon rôle d’enseignante », s’indigne Soumaya Naamane Guessous. En effet, Mohamed Fizazi, au lieu de discuter les idées, a préféré attaquer l’invitée sur un plan personnel tout en essayant de tourner au ridicule le travail de trente ans de cette sociologue chevronnée.

Aussi, et pour offrir l’illusion que les propos polémiques tenus le 19 janvier sur les ondes étaient fondés – notamment ceux affirmant que les Marocains n’ont pas de relations sexuelles hors mariage – la rédaction a concocté un micro-trottoir pour le moins surréaliste. Parmi (seulement) neuf jeunes « sondés », huit d’entre eux ont exprimé leur désaccord avec les relations hors liens du mariage, abondant dans le sens de Abderrahmane Sekkache. «Le fquih m’a attaquée pour me hurler que ces témoignages prouvent que les Marocains sont tous de bons musulmans et que je les salis en prétendant qu’ils ont une sexualité hors mariage ! Drôle de statistiques : 8 jeunes qui représenteraient plus de 34 millions d’habitants », ironise la sociologue.

Cette émission, qui aurait pu être constructive pour les auditeurs et une opportunité de nuancer les propos polémiques d’Abderrahmane Sekkache, s’est transformée en ring sur lequel la radio est montée pour se laver les mains de toute responsabilité. Tout en soutenant le professionnalisme et l’expérience « indiscutables » d’Abderrahmane Sekkache, la rédaction a montré à plusieurs occasions sa partialité avec des intervenants sur place ou par téléphone qui se sont farouchement opposés à la sociologue. « Le seul témoignage que la rédaction a passé est une communication téléphonique avec un enseignant universitaire qui a monopolisé la parole pour me fustiger et me demander de ne plus toucher à l’islam. Ce fut le seul témoignage ! », s’étonne l’invitée.

Et sur le discours controversé d’Abderrahmane Sekkache imputant le cancer du col de l’utérus aux relations sexuelles adultères et au châtiment divin par extension, Fizazi a enfoncé le clou. Le cancer serait ainsi une punition divine, ni plus ni moins. « Face à mes réfutations, il (Fizazi, NDLR) m’a traitée de mécréante ! Imaginons les conséquences que ces accusations entraîneraient chez les personnes touchées par le cancer ! », s’indigne Soumaya Naamane Guuessous.

En effet, communiquer de fausses informations aux « millions » d’auditeurs de cette radio qui se vante d’être la plus écoutée du Royaume, tout en insultant indirectement celles qui souffrent d’un cancer du col de l’utérus n’est visiblement pas si grave que ça … pourvu que les apparences soient sauves.

(Sources : lesinfos.ma)

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